Dans sa constante métamorphose, que perçoit-on de la ville en mouvement ?

Les chantiers urbains bouleversent le quotidien des citadins en bloquant la voirie, en changeant les circulations, en limitant les espaces publics... Ils provoquent des désagréments d’usage. Mais ils sont également une promesse imaginée de la ville future, les témoins de son élan dynamique, de sa capacité à se ré-inventer. Ce sont les lieux de la mutation, de la ville en train de se faire. Alors que la plupart des espaces urbains sont aménagés pour un usage spécifique, par une forme définie, les chantiers sont à l’inverse des espaces non finis, ou en cours de définition. En ce sens, ce sont des espaces ‘‘ouverts’’. Au sens propre d’abord : le sol est mis à jour, les réseaux à nus, on creuse, on démolit, on ouvre la ville pour mieux la reconstruire. Au figuré ensuite : l’espace non fini est propice à l’imaginaire, à la projection, au mystère ; il est ouvert aux possibles.

La Mutothèque s’inscrit dans cette double perception des mutations urbaines, liée au physique et au sensible (usages, désagrément, mobilité, fascination), comme au psychique et à l’inventivité (imaginaire, projection, représentation). Comment des interventions artistiques font lien entre les différents acteurs - habitant, élu, scientifique, technicien, commerçant - en rendant compte de cette perception ? Comment peux-t-on ensuite tendre vers une modification partagée de l’espace urbain, éphémère ou pérenne, améliorant ses conditions d’usages ?