« La vulgarisation est une forme de diffusion pédagogique des connaissances qui cherche à mettre le savoir (et éventuellement ses limites et ses incertitudes) à portée de tous et chacun. C'est l'ensemble des actions permettant au public d'accéder à la culture […] »

L’architecture est un art qui a du mal à s’exporter, à dépasser les frontières du milieu intello-intellectuel duquel il est issu. On peut facilement se rendre compte d'à quel point une discussion entre non initiés concerne davantage les dernières tendances de M6 Déco que le prochain bâtiment d’Oscar Niemeyer. Je ne me permettrai en aucun cas de porter un jugement de valeur sur Valérie Damidot par rapport à l’architecte centenaire, mais je souhaiterais toutefois, un jour, ne pas soulever un malaise quand lors d'un repas en famille j'annonce que la Cité Radieuse de Marseille est une œuvre magnifique.

Beaucoup se sont demandé pourquoi une telle non connaissance de l’architecture chez Monsieur Dupont. Certains parlent de manque de pédagogie, allant jusqu’à faire dessiner des maisons à des enfants de 6 ans dans l'attente qu’ils crayonnent enfin un toit plat. Ou d’autres militent pour que l'on place une plaque en bronze devant chaque immeuble pseudo moderne pas trop dégeu pour rappeler qu’il s’agit du patrimoine du 20° siècle, la plaque devant être garante de cette renommée forcée.

Pourtant le plus efficace pour diffuser une culture à travers les âges et les peuples reste sa commercialisation. Le capitalisme a ça de formidable qu’il rend toute idée attrayante du moment qu’elle est monétisable. Que serait l’intérêt porté aux maisons de haute couture et à leurs mannequins giacomettiques enrubannés dans des sacs plastiques bouffants sans les courtisanes du vieux Paris prêtes à débourser tout le sou de leur mari pour se la péter au prochain diner de bienfaisance ? Que serait l’art contemporain sans ses panoplies d’écoliers tachées de la juste écriture immaculée de Ben, cartables, trousses, cahiers et taille-crayons à dévidoir ?

L’architecture ne devrait peut-être pas rester en retrait de cette manne de reconnaissance qu’offre la grande société des hypermarchés. Les quelques tours Eiffel en plastique ne suffisent pas à créer un besoin, une mode, un truc cool que les plus hypes des ados duveteux achèteraient en signe d’appartenance sociale. Une sorte de tecktonik de l’architecte, la danse bizarre en moins. Pour ce faire il faut remplir d’images les têtes de nos chérubins. Agir à l’origine, comme l’ont si bien compris les publicitaires. Il faudrait diluer un peu d’architecture dans toutes les productions culturelles pour commencer. Jeux vidéo, cinéma, bandes dessinées, magazines, … Le lobby du tabac l’a bien fait, pourquoi pas les architectes ?

Pour cela, il faut vulgariser au possible le message que l’on souhaite passer. Vulgariser ne veut pas dire simplifier, juste s’exprimer avec les codes linguistiques de son interlocuteur. Et notre interlocuteur parle plus le Twilight et le World of War Craft que le Vitruve et le Aldo Rossi. L’exercice de style a ceci de passionnant qu’il n’est pas a priori évident de lier la culture populaire avec une discipline aussi élitiste que l’architecture.

Voici quelques essais.

Plan d'attaque



Oh My God !



Une douce journée de printemps



Less is mort