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Mutothèque acte 1 - Marrie Caddie

| Présentation | Le projet Mutothèque | À suivre... |

Présentation

Date : Avril 2011 - Janvier 2012
Type de projet : Observatoire des mutations urbaines, en lien avec les habitants, les élus et les associations locales
Partenaires : Équipe de Développement Local, Paris 20e



La Mutothèque est un observatoire artistique des mutations urbaines. Son travail de recherche plastique s’inscrit sur le long terme, où chaque acte se décline autour d’un lieu et d’une problématique spécifique. Il s’agit d’un processus d’actions, d’expérimentations et d’installations, impliquant habitants, élus, associations, artistes et professionnels de l’aménagement sur la question des transformations de la ville. Le premier projet - l’acte 1 de la Mutothèque - est prévu sur une durée de 10 mois.

ACTE 1 -MARRIE CADDIE
Marrie-Caddie est une structure mobile aux élans poétiques de paon, entre caddie et chaise à porteurs. Confortable, pratique, loufoque et poétique, elle propose aux habitants du XXème arrondissement de Paris Est et de Bagnolet un service de portage ambulant (personnes, courses, encombrants…). Conçue comme un « événement urbain », elle questionne la mobilité piétonne dans un espace public initialement pensé en faveur des automobilistes, et aujourd’hui troublé par les travaux en cours du tramway. L’aspect à la fois loufoque et utile de la structure permet de rentrer en contact avec un grand nombre de la population éclectique du quartier. Sur un ton humoristique, des discussions simples sont engagées. En seront recueillies et confrontées les habitudes et adaptations de déplacements des habitants.



Marrie-Caddie peut accueillir les courses ou tout objet à transporter ainsi que deux personnes. Celles-ci dicteront leur trajet à l’équipe Mutothèque. Les discussions, directions, perceptions sont enregistrées et peuvent ensuite être réécoutées par de prochains passagers plus timides. D'autres outils de communication sont également mis à la disposition des passants (paroles, photographies, dessins, cartographie, vidéos), privilégiant l’expression de la sensibilité de chacun. Les remarques, habitudes et désirs entendus ou observés feront l’objet d’une analyse et d’une retranscription artistique exposée dans le quartier de l’intervention.

L’histoire de Marrie-Caddie se construit au fil des rencontres avec les divers acteurs de ce fragment de territoire du Grand Paris. La structure mobile est réalisée en partenariat avec des associations du quartier comme Extramuros. La récupération de matériaux délaissés sur le site par les habitants ou les ouvriers du chantier du tramway servent de base à sa conception et à sa construction.

En parallèle, l’aspect poétique de Marrie-Caddie s’accompagne d’une mise en récit de l’intervention. De micros-événements apparaissent en amont de l’intervention, toujours en lien avec la question du portage, par exemple, une distribution de sacs customisés mise en place avec les commerçants volontaires du quartier. D’autres événements sont à inventer, suivant les acteurs enthousiasmés par une intervention multiscalaire.

Marrie-Caddie, à la fois structure et événement, s’enrichit de rencontres multiples. Telle une intervention artistique qui place les usagers du lieu au centre du processus de conception, chaque sortie dans l’espace public alimente le projet. Seule l’exposition finale pourra prétendre à une forme définitive. De quoi débattre sur la place du piéton en 2011 en Île de France, à l’ère de la mise en route de nouvelles mobilités dites durables telles que le tramway (transport en commun peu polluant et en site propre - TCSP).

INSCRIPTION DANS LE TERRITOIRE DE PARIS 20e
Le quartier de Paris Est XXème représente à ce jour un territoire en pleine transformation : il s’ouvre vers la banlieue proche de la capitale, s’inscrit plus fortement dans le Grand Paris, tout en favorisant un vivre ensemble à l’échelle du quartier. Les grands chantiers urbains, à l’oeuvre aujourd’hui, en font un territoire privilégié pour le projet Mutothèque.












Le projet Mutothèque




Dans sa constante métamorphose, que perçoit-on de la ville en mouvement ?

Les chantiers urbains bouleversent le quotidien des citadins en bloquant la voirie, en changeant les circulations, en limitant les espaces publics... Ils provoquent des désagréments d’usage. Mais ils sont également une promesse imaginée de la ville future, les témoins de son élan dynamique, de sa capacité à se ré-inventer. Ce sont les lieux de la mutation, de la ville en train de se faire. Alors que la plupart des espaces urbains sont aménagés pour un usage spécifique, par une forme définie, les chantiers sont à l’inverse des espaces non finis, ou en cours de définition. En ce sens, ce sont des espaces ‘‘ouverts’’. Au sens propre d’abord : le sol est mis à jour, les réseaux à nus, on creuse, on démolit, on ouvre la ville pour mieux la reconstruire. Au figuré ensuite : l’espace non fini est propice à l’imaginaire, à la projection, au mystère ; il est ouvert aux possibles.

La Mutothèque s’inscrit dans cette double perception des mutations urbaines, liée au physique et au sensible (usages, désagrément, mobilité, fascination), comme au psychique et à l’inventivité (imaginaire, projection, représentation). Comment des interventions artistiques font lien entre les différents acteurs - habitant, élu, scientifique, technicien, commerçant - en rendant compte de cette perception ? Comment peux-t-on ensuite tendre vers une modification partagée de l’espace urbain, éphémère ou pérenne, améliorant ses conditions d’usages ?












À suivre...

Suite du projet : Avril 2011